De la réflexion à la mise en œuvre : réflexions stratégiques issues de l’IWA 2025

De la réflexion à la mise en œuvre : réflexions stratégiques issues de l’IWA 2025

Perspective de Proficient Projects et Advisory

Le Congrès mondial de l’IWA sur l’eau et le développement 2025, tenu à Bangkok du 8 au 12 décembre, a constitué une convergence opportune et nécessaire pour un secteur soumis à une pression croissante afin de produire des résultats concrets, et non de simples discours.

Pour Proficient Projects et Advisory, le Congrès a offert bien plus qu’un panorama mondial des défis liés à l’eau et à l’assainissement. Il a envoyé des signaux clairs sur les domaines où le conseil stratégique, la réforme institutionnelle et la mise en œuvre de projets doivent désormais se concentrer pour générer un impact à grande échelle.

Au fil de cinq journées de séances plénières, de sessions techniques, de sommets de haut niveau et de forums sectoriels, un message est demeuré constant : l’avenir de l’eau et de l’assainissement sera déterminé moins par la disponibilité des solutions que par la solidité des systèmes chargés de les déployer.

L’innovation doit être conçue pour l’adoption

L’innovation a occupé une place centrale tout au long du Congrès, mais le discours a évolué de manière notable. L’accent s’est déplacé de la nouveauté technologique vers la question de savoir si les innovations sont finançables, gouvernables et exploitables dans des contextes institutionnels réels.

Du point de vue de Proficient Projects et Advisory, ce changement est majeur. Les systèmes intelligents de gestion de l’eau, les outils de suivi numérique, les analyses basées sur l’IA et les plateformes d’alerte précoce ont été présentés à plusieurs reprises comme des leviers d’amélioration de la prise de décision et de l’efficacité opérationnelle. Toutefois, les intervenants ont également reconnu avec franchise que, sans alignement réglementaire, capacités humaines adéquates et modèles de financement durables, ces outils risquent de rester confinés à des projets pilotes.

Cela confirme un principe fondamental de notre approche : la technologie doit être intégrée dans des trajectoires de réforme qui prennent en compte les institutions, les incitations et l’exploitation à long terme. Le Congrès a validé la nécessité de modèles de conseil qui associent conception technique, gouvernance, structuration financière et préparation à la mise en œuvre.

L’assainissement comme infrastructure, économie et stratégie climatique

L’assainissement s’est imposé comme l’un des axes les plus matures et orientés vers l’action de l’IWA 2025. Les discussions ont dépassé les simples indicateurs d’accès pour examiner l’assainissement comme un système à l’intersection de la santé publique, de la résilience climatique, du développement urbain et des économies circulaires.

L’assainissement inclusif à l’échelle des villes, les systèmes décentralisés et les approches axées sur la valorisation des ressources ont été régulièrement mis en avant comme des réponses pragmatiques à l’urbanisation rapide et aux pressions climatiques. Surtout, ces échanges ont positionné l’assainissement non comme un centre de coûts, mais comme un actif d’infrastructure capable de générer des retours environnementaux et économiques grâce à la réutilisation, à la récupération et à la résilience.

Pour Proficient Projects et Advisory, cela s’aligne directement avec notre priorité de structurer des investissements en assainissement qui soient techniquement solides, financièrement viables et institutionnellement ancrés. Le Congrès a rappelé que les stratégies d’assainissement doivent être planifiées avec la même rigueur que les infrastructures de transport, d’énergie et d’approvisionnement en eau, en particulier dans les régions vulnérables au climat.

Les services publics et les institutions sont le véritable facteur limitant de la mise à l’échelle

Les forums de mi-semaine, notamment le Utility Leaders Forum et le Forum international des régulateurs de l’eau, ont placé la performance institutionnelle au cœur de l’agenda. Un constat récurrent s’est dégagé : de nombreux pays disposent déjà de solutions éprouvées, mais peinent à les déployer à grande échelle en raison d’une gouvernance fragmentée, d’une gestion déficiente des services publics ou de cadres réglementaires mal alignés.

De notre point de vue, il s’agit de l’un des enseignements les plus déterminants du Congrès. Le débat est passé de « ce qui fonctionne » à « pourquoi ce qui fonctionne ne se généralise pas ». Le leadership des services publics, la culture organisationnelle, la soutenabilité financière et la clarté réglementaire ont été identifiés à maintes reprises comme des facteurs décisifs.

Cela souligne la demande croissante de services de conseil qui dépassent la simple préparation de projets pour inclure la réforme des services publics, l’évaluation des performances, les diagnostics de gouvernance et le renforcement institutionnel à long terme. Le Congrès a confirmé que la trajectoire vers l’ODD 6 passe par des institutions capables, et non par des interventions isolées.

La résilience climatique comme référence de base, et non comme option

La résilience climatique n’était plus traitée comme un thème à part, mais comme une exigence de base pour toute planification de l’eau et de l’assainissement. Les inondations, les sécheresses, les événements climatiques extrêmes et la rareté de l’eau sont désormais des hypothèses intégrées, et non des risques futurs.

Les sessions consacrées aux solutions fondées sur la nature, aux infrastructures adaptatives et à la gestion intégrée de l’eau en milieu urbain ont mis en évidence la nécessité de cadres de planification capables d’absorber l’incertitude et les chocs. Pour les cabinets de conseil, cela représente un changement fondamental : la résilience climatique doit être intégrée dès la conception des projets, reflétée dans les structures de financement et renforcée par des mécanismes de gouvernance.

Chez Proficient Projects et Advisory, cela confirme notre approche consistant à intégrer l’évaluation des risques climatiques, la planification de la résilience et la gouvernance adaptative dès les premières phases du conseil en infrastructures et du secteur public.

La collaboration comme modèle opérationnel

Le Congrès a constamment souligné qu’aucun acteur ne peut, à lui seul, assurer la sécurité de l’eau. Les gouvernements, les services publics, les banques de développement, les innovateurs du secteur privé, les régulateurs et les communautés ont été présentés comme des co-producteurs de résultats, et non comme de simples parties prenantes agissant en parallèle.

Cela a des implications directes sur la manière dont les projets sont conçus et mis en œuvre. Une collaboration efficace nécessite des rôles institutionnels clairs, des incitations alignées et des structures de gouvernance permettant une coordination durable. Le Congrès a validé la pertinence de cadres de conseil capables de rassembler les acteurs, de structurer des partenariats et de traduire la collaboration en programmes opérationnels.

Du Congrès à l’engagement

À la clôture du Congrès, le sentiment dominant était clair : le secteur ne manque pas de connaissances, mais il fait face à un déficit d’exécution. L’IWA 2025 a fourni des cadres, des preuves et un langage commun. La responsabilité consiste désormais à les traduire en politiques, investissements et projets générant un impact durable.

Pour Proficient Projects et Advisory, le Congrès a réaffirmé notre orientation stratégique vers la réduction de cet écart. L’avenir de l’eau et de l’assainissement repose sur un conseil intégré, alignant innovation et institutions, finance et gouvernance, ambition et mise en œuvre.

L’IWA 2025 n’était pas un point final, mais un point de contrôle. Le travail à venir consiste à transformer les enseignements en infrastructures, le dialogue en action, et la collaboration en résultats mesurables.

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